Michel Madore : Liber amicorum

Exposition présentée à l’Atelier-Musée de l’Imprimerie de Malesherbes à partir du 11 avril 2026.

Extrait du dossier de presse
Quoi d’étonnant à ce que l’A-MI accroche sur ses cimaises les travaux de Michel Madore, homme et artiste amitieux, qui se plaît dans la compagnie des auteurs, des poètes, des conteurs, des penseurs… des passeurs. Michel Madore est l’auteur d’une « œuvre romancée » mêlant dessins, peintures, écritures… et sculptures.
L’œuvre picturale de Michel Madore, comme imprégnée d’écritures, est constituée :
– de dessins allusifs, de silhouettes esquissées, de figures humaines effleurées, de corps érodés par le vent… par le temps qui passe et engloutit tout,
– de traits, de ratures, de griffonnages inscrivant des plis, des failles et des courbures, dégageant des lignes de fuites ouvrant l’espace du tableau,
– de signes épars, de gestes affirmés ou furtifs : ici un sceau chinois, petit mandat du ciel, là un dialogue esquissé entre un geste et un silence, là encore un « murmure qui va jusqu’au fond des choses »,
– de calligraphies : quelques mots, quelques lignes qui creusent le sens ou l’inquiètent et interrogent la mémoire longue des idées et de la langue qui les porte.
Cette œuvre parvient en même temps à être minimale et totale, « vision tranquille du présent qui regarde l’éternité ».
Une constante de ce travail, c’est la place accordée aux papiers : papiers japonais, coréens, thaïlandais, mexicains ; papiers auvergnats, papiers italiens, québécois, papiers indiens, népalais, papiers à la forme, papiers chiffons, papiers de fibre d’écorce de mûrier venus de Chine…
Papiers découpés ou déchirés, collés, contrecollés, marouflés, papiers apposés sur la toile de lin. Papiers et toiles arrimés l’un à l’autre jusqu’à ce qu’ils respirent « de leurs êtres réciproques ».
Tous ces éléments mêlés, mixés, se conjuguent et s’allient librement en de compositions dans lesquelles se confondent le tracé et la trace.
Michel Madore dessine, peint, écrit… et sculpte parce qu’il cherche à décrypter l’indicible, creusant dans la profondeur des mots et des silences. « L’art naît parce que le langage est voué à l’échec » dit le « bibliothécaire » Alberto Manguel. La force de l’œuvre plurielle de Michel Madore est de bâtir des fictions qui invitent à imaginer plutôt qu’à croire. Le sens n’est pas à avaler mais à questionner, à construire, à inventer. C’est le privilège du poète que de trouver les signes et les mots de l’informulé ; de fouiller le grand tout et le presque rien, de donner à voir et de laisser à penser… chemin sans fin.